2. L'annuaire et la messagerie

Les annuaires permettent de regrouper divers « objets informatiques » : des comptes, des groupes, des matériels, etc.

Microsoft avait créé dans les années 90 son propre annuaire, appelé alors « domaine ». À partir de la version 2000 de son serveur, il a introduit un nouvel annuaire, appelé Active Directory. Il aura fallu attendre la version 2003 pour que cet annuaire devienne compatible avec la norme LDAP.

La technologie LDAP

Lightweight Directory Access Protocol (LDAP) est à l'origine un protocole permettant l'interrogation et la modification des services d'annuaire. Le terme a été étendu à la notion même d'annuaire, en implémentant la norme X500.

Un annuaire LDAP est construit sous une forme arborescente. Voici un exemple, utilisé pour émuler le fonctionnement des serveurs Windows (domaines Windows) :

Ici, la racine a pour nom ou=societe,c=fr. Elle contient trois branches : people, group, hosts, et un enregistrement : sambaDomainName (qui correspond au nom du domaine Windows).

Chaque enregistrement contient des attributs (par exemple, pour un compte utilisateur stocké dans people, le nom, le prénom, le mot de passe, le courriel..., mais également les groupes dont il fait partie).

Les comptes utilisateurs sont décrits dans la branche people, les groupes dans la branche group, et les ordinateurs dans la branche hosts.

Les annuaires LDAP possèdent des mécanismes de réplication et sont la plupart du temps accessibles uniquement via des connexions chiffrées.

La messagerie

Un peu d'histoire...

Très tôt dans l'histoire de l'informatique est apparu le besoin d'échanger des messages entre les utilisateurs. Dans les anciens ordinateurs, il était possible d'envoyer des messages aux autres personnes qui étaient connectées, souvent pour les informer d'un arrêt...

Avec le développement d'internet, les techniques ont évolué. Ont alors été mis en place :

    • des mécanismes d'échange de messages « hors ligne » et entre correspondants nommément désignés, qui ont abouti à la messagerie actuelle ;
    • des mécanismes d'échange de messages en temps réel : les « chat » ;
    • des mécanismes de forums, qui permettent à une personne de poser une question, et à la communauté de répondre.

Le protocole SMTP, utilisé aujourd'hui pour transmettre les messages internet, a été conçu en 1982. Il est plus simple à mettre en œuvre que X400 (protocole qui permet de garantir l'acheminement des messages et l'identité des expéditeurs), mais est moins riche fonctionnellement : on ne peut être sûr de l'acheminement du message à son destinataire, ni s'assurer de l'expéditeur (c'est une des raisons qui explique l'omniprésence des SPAM).

Progressivement, les autres moyens de communication (forums, « chats », etc.) ont évolué vers les formes que nous connaissons actuellement : forums en mode web, listes de diffusion sur abonnement, mais également des outils pour retrouver « sa » communauté, comme Facebook ou Google+, ou pour échanger des messages courts sur un sujet, comme Twitter ; on peut d'ailleurs considérer que ce dernier est un mixage de dialogue en temps réel (brièveté des messages, rédigés très rapidement) et de forum (consultation par une population très large).

Certaines sociétés préconisent ou prédisent l'abandon du courriel au profit des outils « modernes » de communication ; néanmoins, l'échange par messagerie devrait perdurer encore quelques temps...

La messagerie internet

L'échange des messages via SMTP

Avec la messagerie actuelle, les messages s'échangent selon le protocole SMTP (simple mail transfert protocol), un protocole qui a commencé à être largement utilisé dès le début des années 80.

Les messages sont émis depuis un poste de travail vers un serveur. Ce serveur va se connecter aux autres serveurs pour transmettre le message au correspondant final. Le correspondant final pourra récupérer son message en utilisant soit le protocole POP, soit le protocole IMAP.

Récupérer les messages – technologie POP

Les messages arrivent dans le serveur de messagerie. S'il est possible de les consulter directement dans le serveur avec les outils propres à celui-ci, il est rapidement apparu le besoin de pouvoir les récupérer depuis un poste distant. Le protocole POP (Post Office Protocol – protocole de bureau de poste) permet simplement de télécharger les messages arrivés dans le serveur, tout comme on va chercher son courrier (en poste restante !) à la poste.

Dans la pratique, les messages sont téléchargés depuis le serveur dans le poste de travail, puis consultés. Sauf préconisation contraire, une fois le messages téléchargé, il est supprimé dans le serveur.

Ce protocole disparaît petit à petit au profit du protocole IMAP, plus performant.

Gérer les messages – technologie IMAP

IMAP (Internet Message Access Protocol) a été conçu, contrairement au POP, pour laisser les messages dans le serveur : cela permet de consulter de n'importe quel terminal l'ensemble des messages reçus.

Il est également doté de fonctionnalités intéressantes, comme le partage de dossiers : plusieurs utilisateurs peuvent accéder, simultanément, au mêmes messages.

Il présente toutefois un inconvénient : comme les messages restent stockés dans le serveur, l'espace de stockage peut augmenter de façon très importante. En général, les boites « IMAP » sont dotés d'un quota d'espace maximal autorisé.